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Moi Nojoud, 10 ans, divorcée de Nojoud Ali, aidée par Delphine Minoui

Couverture Moi Nojoud, 10 ans, divorcée

« Je m’appelle Nojoud, et je suis une villageoise yéménite. J’ai dix ans, enfin je crois. Dans mon pays, les enfants des campagnes n’ont pas de papiers et ne sont pas enregistrés à leur naissance. Mariée de force par mes parents à un homme trois fois plus âgé que moi, j’ai été abusée sexuellement et battue. Un matin, en partant acheter du pain, j’ai pris un bus et je me suis réfugiée au tribunal jusqu’à ce qu’un juge veuille bien m’écouter… »

Ce livre est l’histoire vraie d’une petite Yéménite qui a osé défier l’archaïsme des traditions dé son pays en demandant le divorce. Et en l’obtenant ! Une première dans ce pays du sud de la péninsule arabique, où plus de la moitié des filles sont mariées avant d’avoir dix-huit ans. Son courage a été largement salué par la presse internationale et son parcours a ému le monde entier. Passée du statut de victime anonyme à celui d’héroïne, elle raconte aujourd’hui son histoire. Pour briser le silence. Pour encourager les autres petites filles de son âge à ne pas tomber dans le même piège qu’elle.

Mon avis : 
Comment juger un récit autobiographique, quand on sait que ces derniers sont les témoins d’une existence difficile ? Celui de Nojoud est très perturbant, et si je me suis révoltée intérieurement en lisant le triste récit de sa vie, quelques petits détails font que je n’est pas été totalement impliquée dans cette affreuse histoire. 

Au Yémen, la pauvreté et la misère sont le lot quotidien de la plupart de la population. Les femmes, soumises aux hommes, sont mariées très jeunes à des rustres, afin de faire diminuer de le nombre de bouche à nourrir, en échange d’intérêt. Les frapper, les violer, les cloitrer chez elles : ces tortionnaires ont tous les droits sur leurs épouses. 
Dans la famille de Nojoud, un drame qu’elle est trop petite pour comprendre a déjà eut lieu, et son père décide, alors qu’elle n’a qu’une dizaine de printemps,de la marier à un homme de trois fois son ainé. Pour la petite fille, c’est la fin de la liberté. 
Et pire, c’est la fin de l’innocence…
Jusqu’au jour où elle pousse la porte du tribunal, contre tous les principes d’honneur qu’elle a toujours connu, et trouve le courage de dire non aux souffrances et aux malheurs. Pour Nojoud commence alors un combat contre sa famille, et contre le Yemen tout entier. 

L’histoire ne se pose pas sur les personnages, même pas sur Nojoud, il est donc difficile de se faire un avis sur eux. Mais instinctivement, on sait qui on aime et qui on déteste. 
Omma (mère en arabe), Mona, Haifa sont très attachantes, comme la plupart des personnages féminins du livre. C’est leur situation qui nous pousse à les aimer, à les plaindre, à tenter de s’imaginer à leur place. Toutes ont été ou seront mariées de force à un homme brutal, sans aucun espoir d’une vie heureuse. Se taire et souffrir, c’est un peu la devise des femmes yéménites, et plus généralement des femmes un peu partout dans le monde tout court. 
Au contraire tous les personnages masculins, à l’exeption de Fares sont très désagréables et ont les déteste immédiatement. Même si on reste en surface avec tous les intervenants, le mari de Nojoud et sa belle mère m’ont été très désagréable, mais la narration placet une barrière entre nous et eux, de même qu’entre Nojoud et eux, comme une séparation entre les méchants et la gentille

Pour écrire son histoire, Nojoud à été aidée de Delphine Minoui, une journaliste, qui a adapté les dires de la fillette pour les coucher sur papier. 
Les phrases sont courtes, simples. Delphine a respecté les discours d’une enfant de dix ans, et à part des passages descriptifs et certaines tournures, on pourrait croire que c’est Nojoud qui a écrit le livre. 

En conclusion, un triste témoignage, mais qui amène beaucoup d’espoir pour toutes les filles de tout âge victimes de mariages arrangés partout dans le monde. Nojoud est une enfant courageuse, qui préfere dénoncer l’inégalité des sexes plutôt que de mettre en avant ses propres souffrances. 
Chapeau Nojoud, pour tout ce que tu as enduré.
Il est dur de mettre une note à un récit comme celui là, je n’en mettrait donc pas. 

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