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L’Echappée Belle d’Anna Gavalda

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Simon, Garance et Lola, trois frères et sœurs devenus grands, s’enfuient d’un mariage de famille qui s’annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petite dernier, devenu guide saisonnier d’un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle. Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanité, ils vont s’offrir une dernière vraie belle journée d’enfance volée à leur vie d’adulte.

Mon avis :
Une petite lecture sans prétention, c’est ce que j’avais besoin en ce moment, et que nous offre L’Echappée Belle. Un livre très court, à la limite du roman et de la tranche de vie, que j’ai lu dans le bus entre chez moi et mon collège.
Lu pour une seconde LC avec Le Cottage de Myrtille ! Retrouvez son avis à la fin de ma chronique.

Le gros point positif d’Anna Gavalda, ce sont ses personnages très excentriques, que je n’ai pour le coup pas retrouvés… Garance, Simon, Vincent et Lola sont des personnes normales, comme vous et moi, sans autre problèmes que famille et opinion divergente avec leur entourage. Mr et Mme Tout-le-monde, en quelque sorte, bien différents de Camille ou Philibert dans Ensemble, c’est tout. Nos frères et sœurs, bien qu’avec des caractères plus ou moins trempés, ne sont que des personnages banals, des gens comme les autres.

On voit que l’auteure s’amuse à peindre au fur et à mesure de petite différences entre eux, pour les éloigner en même temps qu’elle les réuni, mais les caractères sont juste effleurés. On ne sait pas grand-chose d’eux, malgré les quelques 160 pages passées à leur côés.

L’écriture est, comme d’habitude pour cette auteure, dynamique et rapide. Elle décrit en quelques lignes les lieux, personnages et caractère pour toujours avancer. Quelques jolies phrases, dissimulées parmi les plus simples, sont malgré tout un peu étouffées par ce style un peu étrange, qui me paraissait parfois une hésitation entre un point de vue interne et omniscient.
Les dialogues, excellents, sont jubilatoires quand on voit Garance ou un de nos héros remettre en place un personnage antipathique – notement la belle sœur !. Mais ils sont moins pétillants et captivants que ceux d’Ensemble, c’est tout, mon seul point de comparaison pour l’écriture d’Anna Gavalda.
Par contre, je ne comprends pas ce que fiche içi la petite partie à la troisième personne à la fin du livre. Pour moi, elle a gâché une bonne partie de la fin.

En conclusion, j’ai apprécié cette lecture comme on apprécie une sucrerie : bon, mais avec mdération ! Malgré ses défauts, une petite parenthèse sympatique, qui n’apporte pas grand-chose, mais qui permet de se détendre entre deux lectures plus sérieuses.

Ma note : 14/20

L’avis, également mitigé, de Myrtille est içi ! Passez le lire, surtout !

Extrait :

Nous sommes bien différentes, pourtant… Elle a peur de son ombre, je l’assois dessus. Elle recopie des sonnets, je télécharge des samples. Elle admire les peintres, je préfère les photographes. Elle ne dit jamais ce qu’elle a sur le cœur, je dis tout haut ce que je pense. Elle n’aime pas les conflits, j’aime que les choses soient bien claires. Elle aime être « un peu pompette », je préfère boire. Elle n’aime pas sortir, je n’aime pas rentrer. Elle ne sait pas s’amuser, je ne sais pas me coucher. Elle n’aime pas jouer, je ne sais pas perdre. Elle a des bras immenses, j’ai la bonté échaudée. Elle ne s’énerve jamais, je pète les plombs.
Elle dit que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, je la supplie de parler moins fort. Elle est romantique, je suis pragmatique. Elle est mariée, je papillone. Elle ne peut pas coucher avec un garçon sans être amoureuse, je ne peux pas coucher avec un garçon sans préservatif. Elle… Elle a besoin de moi et j’ai besoin d’elle.

Oscar et la Dame Rose, d’Eric-Emmanuel Schmith

Oscar et la dame rose de Eric-Emmanuel Schmitt

Voici les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans. Elles ont été retrouvées par Marie Rose, la dame rose qui vient lui rendre visite à l’hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d’Oscar, douze jours cocasses et poétiques, douze jours pleins de personnages drôles et émouvants. Ces douze jours seront peut-être les douze derniers. Mais, grâce à Mamie Rose qui noue avec Oscar un très fort lien d’amour, ces douze jours deviendront légende.

Mon avis : 
Eh bien visiblement (d’après une de mes amies, du moins) c’est confirmé : je n’ai pas de coeur. Je n’ai pas pleuré devant Titanic, je n’ai pas pleuré à la lecture de Oscar et la Dame rose. Et pourtant, on m’avait dit maintes fois que ce livre avait l’avantage d’humidifier les canaux lacrymaux ! 
Cet ouvrage, à peine plus de cent pages, se lit en une petite heure, voire même moins. La forme du texte, de genre épistolaire, sont assez atypique, puisqu’elle sont adressées à Dieu, mais d’une manière très familière, comme si Oscar, certain de le rejoindre sous peu, le « rencontrait » pour la première fois. Toutefois, si c’est une belle histoire à la fois triste et gaie, quelques détails m’ont fait tiqué et j’ai plusieurs fois levé un sourcil à une des réflexion du petit garçon. 

Oscar est malade, et condamné. Il le sait. A dix ans, il va terminer sa vie dans un lit d’hopital, sans ses parents, qui, effrayés par la rapidité et la fulgurance de sa maladie, n’osent plus venir le voir. Seule la Dame rose, une catcheuse retirée des rings, est encore là pour lui.
Cette gentille infirmière lui propose alors d’écrire à Dieu, non pas pour lui demander un peu plus de temps, mais pour lui raconter ses derniers jours sur Terre. Douze jours où, par tranche de dix ans, souvenirs et expériences vont s’accumuler pour le petit garçon.

Quelques petits bémols ont toutefois altéré ma lecture : a t’on déjà vu un enfant de dix ans utiliser un vocabulaire complexe et maitrisé comme le fait Oscar ? Le style des lettres est simple, mais elles sont bien construites et les mots sont choisis avec soin pour nous faire voir quelque chose de différent derrière chaque phrase.
Et pourtant, en même temps, on peut comprendre que sa différence ait fait grandir si vite Oscar. Certaines parties des lettres, nottament celles où il parle de ses sentiments amoureux d’enfant, pourraient très bien avoir été écrit par un enfant de dix ans. Le format court du romen contribue aussi à cette impression de courant de pensées juvéniles, qui forment dans certaines lettres un torrent d’amour et dans d’autres un calme presque adulte.

Cette chronique est courte, mais elle n’exprime pas bien ce que j’ai ressenti à la lecture d’Oscar et la Dame Rose, car elle ne montre que les défauts que je lui ai trouvé.
Malgré mes quelques déceptions, c’est un très bon et émouvant petit livre, qui aborde un thème innovant : un enfant qui parle de sa maladie.

A lire !

Ma note : 15,5/20

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge E-E Schmith.

Ensemble, c’est tout d’Anna Gavalda

Couverture Ensemble, c'est tout

 » Et puis, qu’est-ce que ça veut dire, différents ? C’est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes…
Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences…  » Camille dessine. Dessinais plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l’existence tourne autour des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l’idée de mourir loin de son jardin.
Ces quatre là n’auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop cabossés… Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l’amour -appelez ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu. Leur histoire, c’est la théorie des dominos, mais à l’envers. Au lieu de se faire tomber, ils s’aident à se relever.

; »>Mon avis :
Je ne sais pas trop quoi dire à propos de ce livre. Pourtant j’ai bien aimé, mais je ne sais pas vraiment pour quelles raison : on lit très vite, en voulant toujours en savoir plus. Les personnages sont attachants et tellement atypiques qu’on se demande si de tels originaux (notament pour Paulette, Camille et Philibert) vivent vraiment sur Terre ! Si c’est le cas, je veux bien en rencontrer un, leur parler doit être tellement rafraichissant…

L’histoire est réellement originale, et est incroyablement addictive à suivre. Les évenements s’enchainent, et on se retrouve au debut de l’un d’eux à attendre le prochain, tellement <on est happé par la sympathie des personnages ! J’ai adoré les moments que passent nos compères dans leur appartement.

Les personnages sont très frais et spontanés, et c’est un vrai plaisir de passer le livre avec eux.
Camille est mon personnage préféré. Elle est à la fois pétillante et pessimiste, et ; »>sa personnalité est une véritable énigme. Alors qu’on la suit tout le long de l’ouvrage, on ne cesse de vouloir en savoir plus sur elle. C’est comme un labyrinthe, sauf que dans celui çi on veut s’enfoncer pour trouver d’autres informations encore. Elle est véritablement fascinante.
J’ai eut du mal à cerner Franck, le seul qui broie du noir toute la journée, enfoncé dans une désilusion étrange. Il parait détester tout ceux qu’il croise, et au début je n’accrochait franchement pas à cette grosse brute coureuse de jupon, qui met sa musique à fond toute la journée ! Mais quand il a commencé à sympathiser avec Camille, une autre facette de sa personnalité apparait, et finalement on voit son coeur tendre. ; »>J’ai bien aimé leur romance naissante, et j’ai apprécié le fait que pour une fois ce n’était pas la fille qui se pamait d’amour.
Philibert est attendrissant, mais son bégayment, qui devrait l’humaniser, l’a bizarrement éloigné de moi. Du coup j’étais un peu étrangère à ses progrets. Il est surrement celui qui évolue le plus, s’ouvrant au monde et son capital sympathie immense à un peu effacé la barrrière entre nous.
J’ai trouvé Paulette très effacé, mais elle est la grand-mère que j’aurai aimé avoir ! Je n’ai pas vraiment d’opinion approfondie de ce personnage, mais elle me paraissait toujours prête à s’enfoncer, à se déprécier encore et encore.

Le gros point positif, outre les personnages et leur psychologie, c’est le style très particulier de l’auteure pour les dialogues. 
Ils sont tout simplement géniaux et la plupart du temps, ils reprennent des sujets de conversation très intéressants, souvent artistiques, toujours simples et beaux à leur manière. C’est surrement le livre qui a les plus beaux dialogues que j’aie jamais lus.
Rien que pour ça, chapeau !
 
Je ne sais pas vraiment pas quoi dire d’autre sur ce livre, mais j’espère surtout ne pas vous dissuader de le lire, parce que vous passeriez à côté d’un grand livre !

Ma note : 16/20

Extrait :
Et Camille, pour la cent vingt-huitième fois de la semaine, remit le Nisi Dominus de Vivaldi…
– Qu’est-ce que ça raconte ?
– Attends, je vais te dire… Le Seigneur comble ses amis dans leur sommeil…
– Génial.
– C’est beau, non ?
– Je sais paaas.. bâilla-t-il. J’y connais rien…
– C’est drôle, c’est déjà ce que tu m’avais dit pour Dürer l’autre jour… Mais ça s’apprend pas , ça ! C’est beau, c’est tout.
– Si, quand même. Que tu le veuilles ou non, ça s’apprend…
– …
– T’es croyante ?
Non. Enfin, si… Quand j’écoute ce genre de musique, quand j’entre dans une très belle église ou quand je vois un tableau qui m’émeut, une Annonciation par exemple, mon cœur enfle tellement que j’ai l’impression de croire en Dieu, mais je me trompe : c’est en Vivaldi que je crois… En Vivaldi, en Bach, en Haendel ou en Fra Angelico… Ce sont eux les dieux… L’autre, le vieux, c’est un prétexte… C’est d’ailleurs la seule qualité que je lui trouve : d’avoir été assez fort pour leur avoir inspiré à tous, tous ces chefs-d’œuvre… « 

L’Elégance du Hérisson de Muriel Barbery

Couverture L'Élégance du hérisson

 » Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois.
Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches.
Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. « 

Mon avis :
J’ai plutôt aprécié ce livre, malgré des points négatifs, mais au final le mélange d’espoir et de tristesse qui se fait ressentir tout le long du récit, changeant souvent de côté, l’un prenant de temps en tant le dessus sur l’autre, tantot le contraire m’on séduit. Les personnages, Paloma et M Ozu surtout, sont fascinant et suivre les réflexions de la jeune fille est tout simplement incroyablement intéressant.

Mme Michel, de son prénom Renée, est une modeste concierge d’un immeuble bourgeois qui cache très bien son jeu. Elle est véritablement très intelligente et dissimule sa vraie nature d’érudite derrière un masque de femme stupide et basique, menant uniquement à bien les missions ingrates que lui confient les occupants de son immeuble. La plupart des chapitres de l’histoire ont pour narratrice Renée, dans lesquels elle raconte son quotidien et les difficultés qu’elle rencontre, dans sa solitude. Sa seule amie, Manuela, est une modeste femme de ménage portugaise et c’est assez atypique, quand on imagine les personnages qu’elles jouent en compagnie des autres, de suivre leurs discussions passionés sur des thèmes aussi divers qu’inabituels.
Paloma à été mon personnage préféré : son cynisme, son attitude totalement décalée par rapport à son âge et la mureté de ses pensées devienent presque effrayant de clairvoyance et de pessimisme. Son côté japonais m’a beaucoup plu, puisque je dédie moi même un culte à ce pays et à sa culture. J’ai même découvert que nous apprécions toutes les deux les hokku de Bosho ! Le peu de différence d’âge entre nous aidant, je me suis immédiatement sentie très proche de Paloma. Ses pensées profondes, qui commencent tous par un hokku ou un tanko (je laisse les amateurs du Japon vous expliquer ce que cela veut dire !) sont très interrésantes, et je me suis trouvée un nouveau point commun avec Paloma : les mangas ! J’en lis énormément, mais je n’en chronique jamais car je ne les considèrent pas vraiment comme des livres, mais des BD (et c’est ce que c’est, au Japon). Toutes les petites réfférences m’ont amusée, même si je ne les ai surrement pas toutes trouvées. Le plus fascinant reste tout de même les Journaux du Mouvement du Monde, que je vous laisse découvrir !
Les autres personnages, tels que Manuela ou la famille de Paloma, Colombe, sa soeur et ses parents ne m’ont pas fait grande impression. M. Osu m’a beaucoup plu, par la manière qu’il a de sortir Renée de son cocon.

Mais le gros point négatif, c’est assurément la longueur des phrases ! Peut être que Muriel Barbery est en concurrance avec Proust ! J’ouvre une page au hasard et je prends la première phrase, regardez : « La durée se ralentit et se dilate, le ballet s’éternise dans l’abscense de heurts et lorsque le dernier flocon se pose, nous savons que nous avons vécu ce hors-temps qui est la marque des grandes illuminations. » Est ce qu’à deux heures du matin, à moitié-endormie vous auriez comprit du premier coup cette phrase ? Surtout que celle ci est très courte, par rapport à certaines…
Et ce qui est encore plus pesant à la lecture, c’est l’incroable étalage de culture. Cinématographie, littérature, philosophie… On se croierait dans un magasin remplis de dizaines de sujets plus intéressants que les autres, mais qui sont mis en valeur de façon barbante et desquels on se lasse dès les premières lignes.

En finalité, je n’ai pas eut de peine à reposer ce livre (trouvé dans la bibliothèque paternelle). Il m’a plu, mais à certains moments j’étais contente de le laisser sur ma table de nuit pour m’attaquer à quelque chose de moins coriace

Ma note : 15/20

Mercure d’Amélie Nothomb

Couverture Mercure

Sur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l’abri de tout reflet ; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage.
Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit un amour fou, paroxystique…

Mon avis :
Pour mon premier Amélie Nothomb, j’ai été agréablement surprise. J’ai trouvé ce livre dans un des cartons de mon père, et il m’avait dit qu’il n’avait pas tellement aimé. Pourtant je me suis plongée dans cette lecture – très courte, à peine 200 pages– et l’ai finie dans l’heure. L’histoire est assez originale, et même si le personnage de Hazel m’a souvent énervé, on peut dire que ce fut une jolie découverte.
Je recommencerait certainement l’expérience Nothomb !

Hazel est une jeune femme enfermée dans un chateau, au bord de la mer, depuis ses dix-sept ans. Recueillie par un vieil homme après un bombardement qui la laissa odieusement défigurée, ce dernier à enlevé jusqu’au dernier miroir de la propriété pour ne pas que sa protégée n’apercoit son reflet.
Chaque nuit, il la rejoint dans son lit, et le temps passe ainsi. Sauf qu’Hazel est malheureuse, tellement malheureuse qu’elle tomba malade afin de voir débarquer sur son ilot coupé de tout une confidente, Francoise l’infirmière. Mais pour cette nouvelle venue, surprises, ennuis et révélations vont s’enchainer à un rythme inquiétant.

Du côté des personnages, j’ai bien aimé Francoise. Elle est perspicace, et intelligente. Ses raisonements sont souvent bons, voire même très bon, et j’ai aprécié de suivre ses découvertes sur Adèle, une mystérieuse femme d’autrefois. Elle donne l’impression d’être une femme déterminée et courageuse : même capturée par le geolier d’Hazel, elle ne s’effondre pas et cherche un moyen de s’échapper, et de révéler la vérité sur son passé à la jeune captive.
Hazel, elle, est tellement enfermée dans sa tête qu’elle n’accepte rien de nouveau : tout ce que peut lui dire Francoise lui passe au dessus. Finalement, on se rend compte que le Capitaine à raison : si Hazel ne s’en va pas, ce n’est pas qu’elle ne le peut, mais qu’elle ne le veut. A travers les discussions litéraires qu’elle a avec son infirmière, je l’ai trouvée bornée et toujours campée sur ses positions.

L’écriture à été une des choses que j’ai le plus aprécié par les dialogues. Ils sont vraiment riches et fournis, et alors que c’est souvent un point faible dans d’autres livres quand ils sont futiles, trop court, trop long ou inconsistants, ils m’ont énormément plus dans celui là. Qu’ils soient entre Françoise et Hazel ou entre Françoise et le Capitaine, très argumentés, ils sont très intéressants.

La double fin est aussi l’un des points forts du roman. Si la première permet plus d’espoir et de liberté pour nos héroines, le seconde est peut être plus étudiée, il est donc difficile de choisir sa version préférée, car elles s’appuient sur des oppositions d’idées et des parcours radicalement différents. Mais mon côté « rebelle » (avec un gros entre guillemets, pour ceux qui ont lu le livre) pencherait plus vers la première, qui permet d’espérer pour nos héroines.

Donc c’est une très belle découverte que j’ai fait avec Mercure (Pour Hopeee : je me mets à Amélie Nothomb, moi aussi, et je compte récidiver bientôt !). Un gros bon point pour les deux fins parallèles, les dialogues et la psycho des personnages. Un très bon livre !

Ma note : 16/20